« Sajo et ses castors » de Grey Owl, 1936

Cette histoire d’une amitié entre deux jeunes castors et deux Indiens adolescents a été publiée en 1935. Son auteur, Archibald Stansfeld Belaney, pseudonyme Grey Owl, est britannique. Il est l’un des tout premiers défenseurs de la nature, un précurseur du courant écologique moderne.
Sajo et Shapian sont deux jeunes Ojibway, sœur et frère. Leur vie est en harmonie avec celle de la nature. Leur père a sauvé deux petits castors et les a confiés à sa fille et à son fils, Sajo et Shapian, deux jeunes Indiens Ojibway de la région des grands lacs du Canada. Jusqu’au jour où l’un des deux castors est acheté pour être mis en cage et exposé au zoo local. Ce roman lui a assuré sa notoriété en France. Mais, il l’a catalogué « auteur pour enfants » et l’a écarté du public adulte sensible aux questions d’environnement et de nature.
Pourtant le style simple et poétique de ces écrits, des descriptions très précises de cette région canadienne et cette tribu indienne prouvent que ce roman s’adresse à un large public. Il est incroyablement documenté sur les Indiens Ojibway et sur les castors. Il est teinté d’anthropomorphisme. Mais il sensibilise à la cruauté de la vie en captivité, à la déconnexion des urbains de la nature et des besoins de la vie animale. Il incite à prendre soin, au respect des besoins de l’animal sauvage.

Extraits

« Tous les animaux, si petits soient-ils, si inutiles qu’ils paraissent, ont leur raison d’être. C’est ce que savent les Indiens, et jamais ils ne les tourmentent sans raison. A ces êtres qui partagent avec eux la rude existence de la forêt, ils donnent le nom de « petits frères ».

« Il ne s’agit pas pour nous simplement d’une paire de petits sauvages, mais de deux enfants très malheureux. Et qui sait si les petites bêtes qu’ils aiment tant n’ont pas elles-mêmes des sentiments très semblables aux nôtres ? »


« Les animaux s’ennuient parfois au point d’en mourir. »


« Les Indiens ne craignent pas les loups ; ils les regardent en quelque sorte comme des camarades de chasse et les appellent « Les Solitaires ».